Les opportunités et défis du secteur agricole en RDC au centre d’une conférence à Bruxelles

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Le ministre congolais de l’Agriculture, Jean Chrysostome Vahamwati Mukesyayira, a expliqué mardi à Bruxelles les opportunités et les défis de l’agriculture congolaise, au cours d’une conférence sur l’agriculture africaine subsaharienne, organisée par l’Association EMRC (European marketing relation center) et en présence de l’Ambassadeur de la RDC à Bruxelles, Henri Mova Sakanyi.
Dans sa vision de l’agriculture, a-t-il indiqué, le gouvernement congolais est parti de l’hypothèse d’une croissance de 6% dans ce secteur. L’agriculture, a précisé le ministre, constitue l’un des cinq secteurs de croissance de la RDC, les autres étant les mines, les télécommunications, les hydrocarbures et le gaz, ainsi que le tourisme.
Un constat désastreux

« En se penchant sur le secteur agricole congolais, le gouvernement s’est retrouvé devant un constat désastreux : l’absence de système intégré, des fermes abandonnées ou détruites, des industries agricoles autour des grands centres urbains, une offre ne répondant pas à une demande de plus en plus croissante dans un pays de plus de 70 millions d’habitants », a noté le ministre Vahamwati.

A ces difficultés, a-t-il précisé, s’ajoutent le manque de coordination dans la chaîne des valeurs, la baisse de la production agricole depuis 1960, la faible productivité par rapport aux autres pays en Afrique centrale, la dépendance aux importations qui représentent chaque année de 1 à 2 milliards de dollars. Sans oublier le prix élevé des produits importés et la déficience nutritionnelle en calories dans plusieurs régions du pays.

Face à ce constat et pour canaliser les investissements privés internes et externes, le gouvernement a mis en place un programme national d’investissement agricole (PNIA) et une stratégie basée sur les parcs agro-industriels (PAI), qui devront intégrer aussi l’agriculture paysanne et mettre ensemble les acteurs du secteur, a-t-il fait savoir, ajoutant que les PAI visent également la sécurisation foncière.

Dans ce cadre, il est prévu de mettre en place trois types de fermes : les fermes commerciales, les petites fermes et les grandes coopératives agricoles. Concernant le cadre institutionnel, le ministre de l’Agriculture a précisé que le PAI relève de l’initiative privée, l’Etat assurant l’accompagnement.

Il a donné l’exemple du Domaine agro-industriel de Nsele (DAIPN) dans lequel l’Etat a investi 30 millions de dollars, mais qui fonctionne sous une gestion privatisée. M. Vahamwati a annoncé que le premier PAI sera implanté sur un site de 70.000 hectares à Bukanga-Lonzo, dans le territoire de Kenge, au Bandundu, à 250 kms de la ville de Kinshasa. Grâce aux PAI, a-t-il précisé, le gouvernement entend mettre fin au cycle des importations.

Les opportunités de l’économie congolaise : Exonérations et facilités 

M. Vahamwati a souligné que le gouvernement a décidé des incitations douanières et fiscales exonérant des taxes sur les intrants agricoles en vue d’attirer des investissements dans le secteur de l’agriculture. Les produits sont exonérés des droits et taxes à l’exportation. Sont également exonérés, les véhicules utilitaires pour l’exploitation agricole. Les redevances honoraires aux postes frontaliers sont réduites à 0,5% et perçues à un guichet unique. Il existe également un guichet unique pour la création des entreprises, dont le délai n’est plus que de trois jours. Pour faciliter la circulation des produits, un programme routier reliant les chefs-lieux des provinces est en exécution.

Par ailleurs, l’accès au crédit étant fort limité, le gouvernement projette de créer une banque de crédit agricole et un Fonds national de crédit agricole. Répondant aux inquiétudes de certains participants, notamment au sujet de l’article 16 de la loi agricole qui octroie aux nationaux 51% des parts dans les entreprises du secteur, M. Vahamwati a qualifié de « faux débat » cette question, écartant toute idée de nationalisation.

Il a rappelé que dans d’autres secteurs prioritaires, comme les mines et les télécommunications, la part des nationaux tourne autour de 15%. Le ministre a d’autre part annoncé la tenue des états généraux de l’agriculture et du développement rural qui pourraient statuer sur les ambiguïtés relevées. Une autre question intéressante concernait la construction du barrage d’Inga, phase 3, après le refus des Etats-Unis d’y participer. 

Pour sa part, M. Mbengele, directeur général du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), créé en 1989, a appelé les opérateurs économiques à saisir les opportunités qu’offre l’économie congolaise. A partir de cette année, a-t-il indiqué, le FPI finance actuellement l’investissement dans le secteur agricole à hauteur de 10 millions de dollars par an et pendant cinq ans.

L’EMRC, créée à Bruxelles en 1992, est une association composée d’un réseau d’entrepreneurs, de financiers et de consultants, qui a pour mission de renforcer durablement le secteur privé africain, par le biais de partenariats, pour un développement économique et social.

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